TERRAIN(S)
De Solférino
à Guantanamo
du 7
mars au 5 août 2007
Nul doute que l’action humanitaire ne serait pas la même
sans la photographie, sans cette force qui suscite instantanément
l’émotion, sans ce témoignage de la réalité que ne peuvent rendre
les mots.
Hasard de l’Histoire ou nécessité de la modernité ? La naissance
de la Croix-Rouge est concomitante des premiers succès de la photographie.
D’où ce privilège unique du CICR de posséder une documentation
visuelle ininterrompue de quelque 110'000 documents, depuis l’origine
du mouvement au lendemain d’une bataille, en 1859, jusqu’à la
diversité des missions actuelles.
La richesse de ce fonds est telle que la sélection des 88 images
de l’exposition a exigé de tracer des lignes de force. Le parcours,
chronologique, traverse les grands domaines de l’action humanitaire
: secours aux blessés, protection des prisonniers de guerre, rétablissement
des liens familiaux, assistance des civils.
De Solférino à Guantanamo, l’exposition questionne les oppositions
classiques entre la vérité et sa représentation, entre l’acteur
et le spectateur, entre la contingence de la guerre et la pérennité
de l’aide humanitaire, entre la réalité du « terrain » et la nécessité
des principes.
Chaque photo raconte une histoire différente, à des périodes distinctes
et aux quatre coins du monde. D’une image à l’autre, on lit dans
les regards le même accablement résigné, ou le même espoir irrépressible,
ou les deux à la fois, selon le moment de la rencontre entre le
malheur et son témoin. Situées sobrement dans le temps et l’espace,
ces images nous parlent de guerres, de souffrances et de ruines.
Mais aussi de réconfort et de bienveillance.