Musée International de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge
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Belfast. Quartier de
Lower Oldpark
© Alexandra Novosseloff et Frank Neisse, 2006
Tijuana. Le compte macabre
a commencé en 1995
© Alexandra Novosseloff et Frank Neisse, 2006
Famagouste. La ville fantôme gardée par l'armée turque depuis 1974
© Alexandra Novosseloff et Frank Neisse, 2006
Sahara! « Détruisons le mur
de la honte »
© Alexandra Novosseloff et Frank Neisse, 2006
Playa Tijuana, Baja California. Un enfant joue sur la plage, près de la barrière, sous le regard vigilant des gardes-frontières américains
(la Border Patrol)
© Alexandra Novosseloff et Frank Neisse, 2006
Vue de l'exposition
Marc Gentinetta©MICR


DES MURS ENTRE DES HOMMES

du 24 septembre 2008 au 25 janvier 2009
ouvert de 10h à 17h, sauf le mardi - entrée libre

De tout temps, l’homme a érigé des fortifications pour se protéger des « barbares ». Froidement élaborées à partir de cartes d’état-major, les huit enceintes actuelles illustrent toutes des clivages géopolitiques:

- la zone démilitarisée entre la Corée du Sud et la Corée du Nord ;
- la ligne verte qui coupe l’île de Chypre ;
- les lignes de paix en Irlande du Nord ;
- le Berm, mur de sable qui traverse le Sahara occidental du nord au sud ;
- la barrière construite entre les Etats-Unis et le Mexique ;
- les barbelés des enclaves espagnoles de Melilla et de Ceuta au Maroc ;
- la barrière électrifiée sur la ligne de contrôle entre le Pakistan et l’Inde ;
- le mur de protection/séparation entre Israéliens et Palestiniens.

L’exposition, s’inspirant du livre « Des murs entre les hommes » d’Alexandra Novosseloff et de Frank Neisse, les met en scène dans un espace organisé de manière originale par l’artiste Robert Ireland. Les visiteurs prennent connaissance des photographies et des témoignages tout en vivant physiquement la présence de ces barrières.

Entre protection et séparation
A court terme, le mur remplit les fonctions de protection et de sauvegarde. Mais seul il ne peut être suffisamment efficace. Il doit être lui-même gardé. En fait, il protège moins qu’il ne sépare : au-delà de l’aspect sécuritaire, c’est bien la séparation d’avec son voisin, d’avec son semblable qui est l’objectif.

Entre résignation et contournement
L’enceinte est d’abord perçue comme un obstacle infranchissable. Avec le temps, des stratégies de contournement sont alors envisagées. L’appel de l’autre, le rêve d’un monde et d’un ailleurs meilleurs l’emportent souvent sur les dangers encourus pour franchir ce rempart.

«La tentation du mur n’est pas nouvelle. Chaque fois qu’une culture ou qu’une civilisation n’a pas réussi à penser l’autre, à se penser avec l’autre, à penser l’autre en soi, ces raides préservations de pierres, de fer, de barbelés, de grillages électrifiés ou d’idéologies closes, se sont élevées, effondrées, et nous reviennent encore avec de nouvelles stridences.»

Quand les murs tombent, Edouard Glissant, Patrick Chamoiseau, éditions Galaade, Paris, 2007, pp. 7-8